À propos de moi

Né en Roumanie juste après la dictature de Ceausescu, le 6 novembre 1990, avec de graves maladies au foie et aux poumons, je n’aurais jamais dû survivre.

Mais la vie crée des miracles parfois et le destin a envoyé une belge pleine de folie m’emmener là où je serai enfin « à la maison ».

Comme vous pouvez l’imaginer, mes parents ont toujours été très protecteurs vis-à-vis de moi, surtout ma mère (sans blague !).

Sauf que moi, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être acteur, jouer la comédie, faire rire, faire pleurer, donner du rêve aux gens. Le 7ème art m’a guidé dans les moments les plus difficiles de ma vie et je voulais rendre ce que le cinéma m’avait apporté.  

Mais j’avais peur. Transmise par mes parents et renforcée par la société.

Alors, j’ai fait ce qu’il fallait pour faire plaisir. Études primaires, secondaires et enfin universitaires. Avec toujours dans un coin de ma tête que ce n’était qu’un filet de sauvetage si mon plan A ne marchait pas.

Mais ça n’a pas suffi. Évidemment que ça n’a pas suffi. Pour le plan A, on repassera plus tard. Il fallait bien gagner sa vie ! Conservatoire ? Va chier ! Me lancer comme comédien à plein temps ? Va chier ! Et quand j’allais en tournage j’entendais toujours un encouragement inspirant, du genre : « tu vas encore tourner tes conneries ? Quand est-ce que tu bosses ? Ça ne te rapporte rien du tout ! »

Alors j’ai pris un job que j’aimais pas. Puis un deuxième. Puis un troisième. J’avais une maison, une voiture, un p’tit chat (en vrai j’la kiffe cette connasse mais lui dites pas) et une femme merveilleuse (en vrai j’la kiffe cette connasse mais lui dites pas). En gros, absolument tout en théorie pour être heureux.

Mon dernier job, j’l’aimais pas trop mal, j’avais de la thune et du prestige, ça en jetait. Jusqu’au jour où ils m’ont dégagé. Il a dit : « Votre travail est parfait mais vous n’avez pas l’esprit ». J’ai compris : « va te faire enculer ».

J’ai surtout compris qu’on pouvait quand même échouer à quelque chose qu’on n’aime pas. Comme les travailleurs qui ont perdu leur job soi-disant hyper sécurisé où on restait « à vie ». Et que dire des victimes des attentats qui ont eu lieu dans des endroits où je passe tous les jours ? Merde la vie est courte… Je pensais pas si bien dire.

Du jour au lendemain, on m’a annoncé que le crabe avait choppé mon père. Un jour, il allait bien et 3 mois après, il était parti. La veille de sa mort, j’ai eu la plus belle conversation avec cet homme. Il m’a dit qu’il était fier et contre toute attente, m’a fait promettre une seule chose : que quoi que je veuille faire de ma vie, je devais tout faire pour y arriver. Il a pas parlé de sécurité, d’argent ou autre. Il m’a dit de trouver qui j’étais et d’accomplir mon destin.

J’osais enfin arrêter de me voiler la face. Je cessais enfin de faire les choix de ma vie en fonction de la peur qui m’anime depuis que je suis enfant. Parce que cet enfant a toujours eu raison.

Est-ce que ma peur avait disparu ? Putain je suis toujours terrifié ! Mais cette peur-là n’a pas d’importance, parce que je sais que je vais là où je dois arriver.

Maintenant je prends mon destin en main.

Je suis un acteur pour exister vraiment.

Et toi, quand est-ce que tu tombes le masque ?

Rom